Dans le monde de la formation et du développement des compétences, le mot "savoir" est utilisé avec une précision particulière. Il ne désigne pas simplement le fait d'être cultivé ou d'avoir des connaissances générales. Il constitue l'une des trois dimensions fondamentales du triptyque des compétences professionnelles : le savoir, le savoir-faire et le savoir-être.
Comprendre ce triptyque, c'est comprendre comment les professionnels de la formation et de l'accompagnement pensent les compétences — et donc comment ils conçoivent leurs programmes, évaluent les bénéficiaires, et construisent les référentiels de compétences.
Définition
Un savoir est une connaissance théorique, factuelle ou conceptuelle qu'une personne a acquise et peut mobiliser. Il répond à la question "quoi ?" ou "comment ça fonctionne ?". Exemples : connaître les étapes d'un entretien de recrutement, savoir ce qu'est un OPCO, comprendre le principe de la certification Qualiopi.
Le savoir est la base cognitive sur laquelle reposent le savoir-faire (application pratique) et le savoir-être (attitudes et comportements). On peut avoir un savoir sans le savoir-faire correspondant — la théorie sans la pratique.
Pourquoi ce terme est-il important ?
Dans l'ingénierie pédagogique, distinguer les savoirs des savoir-faire est essentiel pour concevoir les bonnes activités d'apprentissage. Les savoirs s'acquièrent par la lecture, l'écoute, l'étude — des formats asynchrones comme les MOOCs ou les modules e-learning sont souvent adaptés. Les savoir-faire, eux, nécessitent de la pratique et du feedback — donc des modalités plus interactives.
Comment est-il utilisé dans la pratique ?
Dans un référentiel de compétences, chaque compétence est souvent décomposée en savoirs associés, savoir-faire et savoir-être. Cette décomposition permet de concevoir des évaluations adaptées : un QCM pour évaluer les savoirs, une mise en situation pour les savoir-faire, une observation comportementale pour les savoir-être.
Cas d'usage
Dans un parcours de formation au management, les savoirs couverts peuvent inclure : les théories du leadership, les modèles de communication, le cadre légal du management en France. Ces savoirs sont transmis via des apports théoriques (cours, lectures). Les séances de mise en pratique et de coaching permettent ensuite de développer les savoir-faire correspondants.
Bonnes pratiques
Ne pas sur-estimer l'acquisition de savoirs dans les programmes de développement : savoir quelque chose n'est pas la même chose que pouvoir le faire ou l'être. Un programme de formation efficace équilibre l'apport de savoirs et les occasions de les mettre en pratique. Évaluer les savoirs acquis en début de parcours pour éviter d'enseigner ce que les participants savent déjà.
Questions fréquentes (FAQ)
Oui. Sans réactivation régulière (pratique, lecture, échange), les savoirs s'effacent progressivement de la mémoire à long terme. C'est pourquoi les bonnes pratiques pédagogiques incluent des révisions espacées (spaced repetition) et des applications pratiques régulières pour ancrer les savoirs durablement.
Par des questionnaires (QCM, questions ouvertes), des résumés, des présentations, ou des tests standardisés. Pour les certifications, les épreuves écrites ou orales évaluent généralement les savoirs en premier lieu, avant de passer à des épreuves pratiques pour les savoir-faire.
Dans les référentiels modernes, les savoirs sont généralement intégrés comme sous-éléments des compétences, au même titre que les savoir-faire et les savoir-être. Le référentiel RNCP distingue ainsi les "blocs de compétences" qui peuvent inclure les trois dimensions.
Pour aller plus loin
Le savoir est le fondement de la compétence, mais rarement sa finalité. L'enjeu de la formation professionnelle est précisément de transformer des savoirs en capacité d'action — c'est là qu'intervient l'art de l'ingénierie pédagogique et de la scénarisation des parcours.
