L'intelligence collective désigne la capacité d'un groupe à produire des résultats — analyses, décisions, créations — supérieurs à ceux que pourrait produire la simple somme de ses membres pris isolément.
Catégorie : Méthode & outil
Définition
La notion d'intelligence collective a été théorisée dans plusieurs traditions parallèles : la sociobiologie (étude des comportements collectifs chez les insectes sociaux), les sciences cognitives, et les travaux français de Pierre Lévy (L'intelligence collective, 1994) et de Jean-François Noubel. Elle s'est largement diffusée dans le champ managérial à partir des années 2000, en réponse à la complexité croissante des défis organisationnels qui dépassent les capacités d'analyse et de décision d'un seul individu.
Les conditions de son émergence ont été étudiées notamment par Anita Woolley (Carnegie Mellon University), dont les travaux identifient un c factor (facteur d'intelligence collective) corrélé à trois variables : l'égalité du temps de parole entre membres, la sensibilité sociale des participants (capacité à percevoir les émotions des autres) et la proportion de femmes dans le groupe (probablement liée à la précédente). La taille du groupe et le QI moyen des membres ont, en revanche, un impact très faible.
Les pratiques opérationnelles regroupées sous l'étiquette « intelligence collective » sont variées : codéveloppement professionnel, World Café, Forum Ouvert (Open Space Technology), Cercle samoan, Pro-action Café, Six chapeaux de Bono, ateliers de design thinking collectif, démarches d'élicitation type Delphi. Toutes partagent quelques principes : structuration explicite du processus, distribution équilibrée de la parole, alternance de phases divergentes et convergentes, formalisation des productions intermédiaires.
L'intelligence collective s'oppose au biais de pensée de groupe (groupthink, identifié par Irving Janis en 1972), qui produit au contraire des décisions de qualité inférieure à la moyenne des membres lorsque la conformité prime sur la qualité du débat. Elle nécessite donc un cadre : facilitation, ritualisation, autorisation explicite du désaccord.
Termes liés : codeveloppement, coaching-equipe, design-thinking, facilitation-graphique, intervision
