SMART est un acronyme mnémotechnique qui décrit les critères qu'un objectif bien formulé doit remplir : Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste (ou Pertinent), Temporellement défini.
Catégorie : Méthode & outil
Définition
La formulation SMART est attribuée à George T. Doran, qui l'a publiée en 1981 dans la revue Management Review (There's a S.M.A.R.T. Way to Write Management's Goals and Objectives). Elle s'est imposée comme l'un des cadres les plus diffusés de formulation d'objectif, dans des contextes aussi variés que la fixation d'objectifs commerciaux, la conception d'objectifs pédagogiques, la définition d'objectifs de coaching, et la rédaction de plans d'action individuels.
Les cinq critères sont :
- S — Spécifique : l'objectif est formulé précisément, sans ambiguïté. Il décrit ce qui doit être atteint, par qui, et idéalement dans quel cadre. « Augmenter le chiffre d'affaires » n'est pas spécifique ; « augmenter de 15 % le chiffre d'affaires de la BU France sur le segment PME » l'est.
- M — Mesurable : l'objectif comporte un indicateur permettant de vérifier objectivement son atteinte. La mesure peut être quantitative (chiffres, pourcentages, délais) ou qualitative (production d'un livrable identifié, validation par une partie prenante définie).
- A — Atteignable : l'objectif est compatible avec les ressources disponibles, les compétences existantes et les contraintes du contexte. Un objectif inatteignable décourage avant d'être un challenge.
- R — Réaliste ou Pertinent (Relevant) : selon les versions, le R est interprété soit comme un doublon partiel du A (réaliste), soit comme une exigence d'alignement avec les objectifs supérieurs (pertinent). La version Relevant est aujourd'hui dominante dans la littérature managériale, car elle évite la redondance avec le A.
- T — Temporellement défini : l'objectif est associé à une échéance précise. Sans date, l'objectif tend à se diluer.
Plusieurs extensions ont été proposées : SMARTER (Evaluated, Reviewed), SMART-MeRit (Meaningful, Relevant), SMARTIE (Inclusive, Equitable). Chacune répond à une limite identifiée du modèle initial.
La méthode SMART reste critiquée pour deux raisons principales. D'abord, elle privilégie les objectifs facilement mesurables, au détriment d'objectifs importants mais difficiles à quantifier (qualité, posture, climat d'équipe). Ensuite, elle est mieux adaptée à des contextes prévisibles qu'à des environnements incertains, où des cadres comme les OKR ou les objectifs étirés (stretch goals) offrent davantage d'adaptabilité. Ces réserves ne remettent pas en cause son utilité en accompagnement individuel, où elle constitue un repère simple et opérationnel pour faire passer une intention floue à une formulation actionnable.
Termes liés : okr, coaching, kpi, feedback, tableau-de-suivi
